“J’ai parfois peur de sortir de chez moi, peur quand je passe devant une terrasse bondée, peur qu’on m’aborde dans la rue. Alors je sors le moins possible, je fais des détours et je marche vite pour ne pas qu’on m’arrête. J’ai le cœur qui bat à cent à l’heure, j’ai les mains qui tremblent et mon cerveau reste bloqué sur ce qui pourrait arriver.”

La peur peut prendre plusieurs formes, qu’elle concerne des situations sociales ou des animaux, elle touche 2 personnes sur 10 en France.

La peur est une réaction instinctive dont il ne faut pas avoir honte et il ne faut pas hésiter à se faire accompagner lorsqu’elle vient perturber votre quotidien. Aujourd’hui, les phobies se traitent efficacement avec les thérapies cognitives et comportementales.

Pourquoi avons-nous peur ?

La peur est une émotion et comme toute émotion elle est porteuse d’un message. La peur s’active pour nous signaler un danger dans notre environnement auquel il faut prêter attention. A l’instar d’un système d’alarme qui se déclenche lorsqu’il détecte de la fumée pour signaler un incendie.

Cette peur s’éteint ensuite lorsque le danger est écarté ou lorsqu’on se rend compte que, finalement, on ne court aucun danger. Par exemple, on peut avoir peur face à un chien qui se met à aboyer soudainement près de nous, puis se rendre compte que nous ne risquons rien puisqu’il se trouve derrière un portail infranchissable, alors notre peur s’éteint.

Elle est donc utile pour nous éviter les dangers du quotidien, mais peut parfois se transformer en panique et prendre de telles proportions qu’elle devient lourde à porter au quotidien.

La phobie, une maladie de la peur

On va alors parler de phobie, lorsque :

  • La peur est très intense et peut mener à la panique,
  • Elle est incontrôlable,
  • Que l’on évite toutes les situations où l’on est susceptible de se retrouver face à sa peur,
  • Qu’elle perturbe notre vie quotidienne et impact notre qualité de vie à cause d’une anticipation anxieuse de toutes les situations où l’on est susceptible de se retrouver face à sa peur,
  • Qu’elle concerne des situations non-dangereuses

Par exemple, à cause d’une phobie des chiens, vous pouvez éviter de vous promener dans les parcs ou arrêter d’aller rendre visite à vos amis qui en possèdent un même s’il est attaché à l’extérieur de la maison, car votre alarme va se déclencher même sans danger apparent.

Certaines phobies sont plus ou moins handicapantes. Selon notre environnement, nous sommes plus susceptibles de rencontrer des chiens que des serpents. Même si une phobie peut se déclencher à la simple vue d’une photo.

Dans tous les cas, elle a prendre au sérieux puisqu’une phobie peut s’aggraver dans le temps mais aussi s’étendre à d’autres situations ou objet.

Peut-on réguler sa peur ?

Si nos réactions de peur sont nichées dans le système limbique (au cœur de notre cerveau), la capacité à la réguler se situe dans le cortex cérébral (en surface). En faisant communiquer ses deux régions du cerveau, on peut apprendre à régler la sensibilité de notre alarme. Puisque la peur est utile pour une question de survie, il ne fait pas chercher à la supprimer, mais à la réguler. Ainsi elle ne vous transformera plus en votre pire ennemie et deviendra un allié. 

A tester : la grounding technique

S’il vous arrive d’anticiper une situation d’anxiété ou de peur intense sans danger apparent, voici une méthode à appliquer pour vous aider à réguler vos émotions en se connectant à ses sensations physiques.

Pour en savoir plus

  • Psychologie de la peur, Christophe André, Editions Odile Jacob
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